Est-on signifiant ?

Nous-même ? Notre espèce ? C’est en tout cas la question que la très bonne mini-série d’Arte “Une espèce à part” s’est permis d’explorer à l’échelle de notre espèce humaine. Revenant ainsi sur nos croyances, certaines construites au fil des siècles, parfois entretenues par différentes religions. La démonstration est saisissante, replaçant l’Homme à la place que la nature lui a assignée. Chaque épisode se conclut par cette question “L’Homme, ne serait-il pas… insignifiant ?”. Prendre de la hauteur sur cette question peut parfois donner le vertige, tant elle se révèle être une question existentielle. On en arrive rapidement à se poser des questions telles que : pourquoi je vis ? quel est le but de ma vie ? Des questions qui dérangent parfois l’esprit, et c’est bien pourquoi nombreuses sont les spiritualités qui ont cherché à combler ce vide.

Ouvrons une fois de plus cette question philosophique, au risque de se faire mordre un peu !
La quête du Sens semble ancrée dans notre génétique, on la retrouve notamment dans l’apprentissage, qui ne peut être réellement efficace que s’il est soutenu par un besoin qui fait “sens” pour l’apprenant. C’est la même logique qui s’applique dans la question “pourquoi je vis ?”. L’être humain recherche la motivation qui le fera traverser cette vie, constituée d’un large panel d’émotions aux déclinaisons variées, parfois “difficile à vivre”.
Je me propose ici, non pas d’énumérer les nombreuses réponses que l’on peut trouver à cette question, qui d’ailleurs se combinent bien souvent pour former une réponse plus complexe et plus signifiante. Mais à la place, je vous propose d’ajouter une piste possible, qu’il me plaît de garder en tête :

Une de nos caractéristiques spécifiques est de naître à la fois avec un cerveau immature et doté d’un corps fragile, qui ensemble, ne nous offrent que peu d’autonomie. Commence alors la longue quête du savoir, le bébé capte de son environnement, à travers ces 5 sens, les savoirs essentiels à sa survie physique et sociale. Lorsque cette curiosité est entretenue (ou ravivée), elle peut se poursuivre jusqu’à la mort de l’individu.
Entrer dans une quête perpétuelle du savoir, pour se faire “grandir” soi, pour faire grandir les autres et avec nous l’humanité, peut donner un but signifiant à notre existence.

Bien sûr, la question qui vient tout de suite après c’est : “grandir” oui, mais dans quelle direction ? Que signifie grandir ? Paradoxalement, la réponse peut se trouver sur le chemin de la quête du savoir. Alors que l’on chemine vers notre but, il s’agit en même temps de se demander : dans quel monde je souhaite vivre ? Quel projet de société je construis ? Comment puis-je rendre le monde meilleur selon mes valeurs avec le savoir que j’obtiens ?Comme le disait souvent un de mes professeurs de collège : “El saber es el poder”, soit en français “Le savoir, c’est le pouvoir”. Pouvoir sur ? Pouvoir de ? Il ne vous aura pas échappé que nombreux sont les êtres humains en recherche de “pouvoir”, et qui bien souvent, en font usage pour leurs projets personnels ou ceux de leurs groupes sociaux. C’est d’autant plus vrai dans nos sociétés “modernes” à tendances capitalo-individualistes. Nos enfants sont bien souvent façonnés dans ce moule, par l’école, leur parents et la société qui les entoure.
Pourtant, en s’attachant à poser les bonnes questions, au fil de cet apprentissage sans fin, je suis persuadé que nous avons là un outil formidable pour que l’humanité puisse emprunter les chemins qui la mèneront à la capacité de se perpétuer indéfiniment.

Peut-être cette quête commence à faire sens pour vous ? Certains se rappelleront : “Si je suis insignifiant, que pourrais-je apporter à ce monde ? Tout as déjà été lu, vu, fait, appris !”.

Certes, il est peu probable que vous accédiez à des lectures ésotériques, vous permettant d’apporter autour de vous un savoir trop longtemps gardé en petit comité. Mais pourtant, il y a une chose qui fait toute la singularité de votre approche : l’ordre dans lequel vous accédez aux savoirs. N’avez-vous jamais remarqué comment le hasard semble bien faire les choses parfois ? Vous avez lu un livre et le lendemain un exemple concret s’offre à vous ! Un ami vous parle d’un sujet, et voilà que celui-ci vous permet de faire le lien avec votre documentaire d’hier soir, mettant ainsi la lumière sur les “connexions” qui co-existent entre eux.
Par exemple, l’enchaînement de livres aux thématiques pourtant différentes , qui semblent pourtant faire “lien” et “sens” à travers le prisme de votre cerveau ! Le bricolage de ce week-end qui vous offre la solution d’un problème professionnel qui n’a pourtant rien de “matériel”.
En nourrissant votre cerveau de savoirs variés, le voilà qui, de lui-même, s’adonne à trouver les liens qui les unissent pour en garder une image “stockable” et “utilisable”. Je suis moi-même toujours étonné par ce petit miracle lorsqu’il se produit !
Ces expériences me poussent à penser qu’il ne faut pas hésiter à s’autoriser à croire en soi. Que l’on est capable de créer, d’imaginer le monde autrement qu’il n’est déjà.

Chacun d’entre nous, à travers son expérience singulière, de par l’enchaînement de ses expériences de vie et donc, d’acquisition des savoirs, peut apporter une information complémentaire qui s’ajoute à la matrice complexe qu’est la vie. Nous n’avons pas nécessairement besoin de longues formations ou de charisme, chaque personne possède des trésors à offrir pour résoudre des problématiques communes. Chacun, qu’il le veuille ou non, a déjà cheminé sur la quête du savoir. La croisée des chemins peut se révéler merveilleusement enrichissante ! En se connectant aux autres et en partageant nos savoirs, nous approchons ensemble un projet de société où le pouvoir est réparti (rappelons-le, le savoir c’est le pouvoir). La recherche d’idéaux à travers la stratégie du savoir donne à la vie un goût collectivement sucré qui je pense, mérite d’être partagé !

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