Qui suis-je ?

En voilà une question de philosophe !
Et bien après tout, quand on s’auto-proclame “Filozofer”, (philosophe en Breton), on doit en assumer la responsabilité !
Suis-je un individu ? Qui comme sa terminologie latine l’indique : “est indivisible” ?

Pourtant, à l’échelle biologique je suis divisible ! Machine faite d’organes et de cellules, habités par de (très) nombreux micro-organismes avec qui je vis en symbiose suivant les règles établies par mère nature dans nos codes génétiques respectifs.

Pourtant, à l’échelle familiale, je suis un mari, un père, un frère, un enfant et tant d’autres casquettes qui bien que représentative, ne représente qu’une facette de moi, desquelles je me détache parfois, pour mieux y revenir au choix.

Pourtant, à l’échelle professionnelle, je suis un développeur logiciel, un curieux technicien tout autant qu’un technicien curieux. On me défini aussi ingénieur, en charge de résoudre des problèmes, me voilà donc parfois solutioneur, parfois compléxifieur.

Pourtant, à l’échelle politique, je me revêt de bien des manteaux. Voilà le vert, voilà le rouge, voilà le noir, qui dans une cohabitation vivante, s’auto-alimentent pour produire à l’issue d’un processus digne de la photosynthèse, l’énergie militante, nécessaire pour maintenir enthousiasme, force et intelligence. Sur chaque terrain de bataille, les rouages de mes mécaniques internes tournent, pour tantôt faire parler l’un, tantôt faire parler l’autre.

Pourtant, à l’échelle sociale, on m’attribue bien des caractéristiques : presque une trentaine d’année, blanc de peau, de sexe masculin, d’attitude sportive, plutôt grand (Maxime en latin signifie “le plus grand”), le tout accompagné d’un caractère mélangeant de multiple soupçons de douceur, de fermeté, de sérieux, de malice, d’écoute, de dispersion, de folie, de lucidité… Certes, c’est ce que je suis, enfin je crois, enfin parfois.. et en même temps ce ne sont que des des parties de moi. Celles que l’on m’a collé ou que je me suis collé au fil des années sans jamais me figer.

Pourtant à l’échelle de mes compétences, je suis informaticien, marié par la gravité avec ma chaise, trouvant tant que possible des voies d’échappatoires dans les nombreux chemins du concret. Ainsi je me revêt parfois du chapeau du jardinier suivant les principes et méthodes de permaculture. Puis ensuite, j’enfile la tenu de l’apiculteur, émerveillé devant ces abeilles, avant de me plonger sous le casque du bricoleur du bois, de la paille et de la terre. J’enfile aussi le tablier de cuisinier sans oublier de mettre en mouvement mon imagination de concepteur de jeux. Je part-icipe au commun, en tant qu’organisateurs d’événements publiques. Je m’épanouie comme animateurs de réunions autogérés… avant de replonger parfois, dans les méandres de mondes virtuelles qui m’ont tant apportés et tant coûtés.

Pourtant, à l’échelle du temps, je me construit de toutes ces petites expériences unitaires, qui s’entremêlent et s’entretiennent. De tous ces nombreux livres, nouvelles, articles, podcasts, vidéos, conférences, ateliers, actions, réactions, conversations.. chacune presque insignifiante et pourtant, à l’image des ruisseaux, convergent pour faire fleuve puis océan dans lequel on ne sais plus trop si on y trouve du sens ou si on contraire on l’y perd.

Pourtant… quand on assemble toutes ces pièces, force est de constater qu’on obtient bien un Homme, avec un prénom et un nom de surcroît: Maxime Tual. A l’image d’un peuple qui prend racines dans ces membres, me voilà donc devenu “individu”, mais pour combien de temps encore ?